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Le jeu en ligne au Luxembourg : une interdiction ancienne, une réforme en chemin

Dernière mise à jour : 30 octobre 2026

Le Luxembourg n’a jamais ouvert de marché du jeu en ligne, et la réforme qu’il prépare ne prévoit pas de le faire : elle durcirait au contraire les sanctions, contre la publicité comme contre les joueurs eux-mêmes. Depuis le Grand-Duché, c’est donc cette page qui s’ouvre, et non nos présentations de casinos, faute de base légale pour ces sites chez vous.

Le moyen de reconnaître une connexion luxembourgeoise est exposé dans notre politique de confidentialité. Le reste de la page suit le droit en vigueur, puis le texte en discussion à la Chambre des députés, en distinguant soigneusement les deux à votre intention.

Une loi de 1977, sans régulateur ni registre

La loi du 20 avril 1977, plusieurs fois modifiée depuis et consacrée aux jeux de hasard et aux paris sportifs, tient en une phrase à son article 1er : « L’exploitation des jeux de hasard est interdite ». Les exceptions sont étroites, puisqu’elles visent notamment les loteries promotionnelles du commerce ainsi que les loteries et les paris sportifs organisés par la loterie d’État. Les casinos terrestres eux-mêmes n’existent qu’à titre dérogatoire, puisque la loi permet de les autoriser « dans l’intérêt du tourisme », dans des locaux « spéciaux, distincts et séparés », ce qui semble exclure par nature un casino ouvert depuis un salon.

Il n’existe ni autorité indépendante sur le modèle de vos voisins, ni licence qu’un exploitant pourrait demander, ni registre d’opérateurs autorisés à consulter. Un casino en ligne qui accepte un joueur luxembourgeois ne peut donc se prévaloir d’aucun titre local, et faute de régulateur, personne au Grand-Duché ne contrôle ses conditions de retrait ni la façon dont il traite votre compte.

Ce que punit le texte actuel

L’article 16 vise ceux qui, « par des avis, annonces, affiches ou par tout autre moyen de publication », auront fait connaître un établissement de jeux non autorisé. La peine, fixée par renvoi à l’article 15, va de huit jours à un mois d’emprisonnement et de 251 à 15 000 euros d’amende, ou l’une de ces deux peines seulement.

Le texte date d’une époque sans internet. Qu’un casino en ligne établi à l’étranger soit un « établissement » au sens de cet article reste incertain, et la question revient à un juge ; la prudence nous a simplement conduits à ne nommer aucun casino devant un lecteur du Grand-Duché.

Ce que changerait le projet n° 8679

Déposé le 7 janvier 2026 par la ministre de la Justice, le projet n° 8679 remplacerait l’article 16 par une règle beaucoup plus dure. Toute personne qui fait, « en quelque lieu et sous quelque forme que ce soit », de la publicité ou de la promotion pour des jeux de hasard interdits ou non autorisés encourrait de un à trois ans de prison et une amende comprise entre 50 000 et 150 000 euros. Le même article punirait l’importation de machines destinées à un exploitant non autorisé et l’octroi de crédits pour jouer à des jeux interdits.

Un nouvel article 17 viserait aussi le joueur. La participation à des jeux de hasard interdits ou non autorisés serait punie de six mois à un an d’emprisonnement et de 10 000 à 25 000 euros d’amende, et les mêmes peines frapperaient quiconque propose un jeu de hasard à une personne de moins de dix-huit ans !

L’exposé des motifs présente ce texte comme le premier volet d’une réforme globale, qui « suivra une approche monopolistique » et cherchera à détourner les joueurs des jeux illégaux, « principalement en ligne ». L’exposé relève au passage l’apparition de bornes présentées comme des accès payants à internet, qui ne donnent en réalité accès qu’à des jeux de hasard en ligne. Un marché ouvert à des opérateurs privés, comme en Belgique ou en Suisse, n’est donc pas à l’ordre du jour du gouvernement.

Où en est le texte

Le dossier parlementaire, que nous avons consulté le 30 octobre 2026, montre un texte renvoyé à la commission de la Justice, avec les avis des parquets et du parquet général du 10 mars 2026, celui du Conseil d’État du 10 juin 2026 et celui de la Chambre de commerce du 13 juillet 2026. Aucun vote n’y figure à cette date.

Tant qu’il n’est pas voté, ce texte n’oblige personne, et nous ne le présentons pas comme du droit en vigueur au 30 octobre 2026. Il mérite pourtant d’être connu, pour une raison simple : un lecteur qui joue aujourd’hui sur un site étranger, sans risque pénal jusqu’ici, pourrait en courir un demain.

Âge, exclusion et aide

La loi de 1977 ne fixe pas d’âge minimum pour des jeux qu’elle interdit, et c’est le projet de réforme qui inscrirait le seuil de dix-huit ans pour l’offre de jeux. Nous n’avons trouvé aucun registre national d’exclusion comparable à ceux de la Belgique ou de la France : votre protection repose donc d’abord sur l’aide spécialisée.

Le ZEV (Zenter fir exzessiivt Verhalen a Verhalenssucht), centre de consultation de l’association Anonym Glécksspiller, répond au (+352) 26 48 00 38 et au (+352) 621 835 968 en semaine, de 10 à 12 heures puis de 13 à 16 heures. Ses consultations sont gratuites et anonymes, au 50, route d’Esch à Luxembourg, et le site zev.lu les présente en français. Le centre accompagne aussi les proches d’un joueur, eux aussi gratuitement.

Notre page Jeu responsable donne le prix d’une séance et liste les signes inquiétants, mais ses numéros d’aide restent canadiens. Si le jeu vous pèse, appelez plutôt le ZEV, dont l’équipe connaît la situation luxembourgeoise et les ressources du pays.

Le droit luxembourgeois vous laisse une marge que celui de vos voisins ne vous laisse plus, et cette marge se réduit. Avant d’ouvrir un compte sur un site étranger, vérifiez où en est le projet n° 8679 sur le site de la Chambre : la réponse tient en une ligne du dossier !

Questions fréquentes

Le casino en ligne est-il légal au Luxembourg ?

Non. La loi du 20 avril 1977 interdit l’exploitation des jeux de hasard, à l’exception des loteries et des paris sportifs de la loterie d’État et de certaines loteries promotionnelles ; aucune licence de casino en ligne n’existe.

Un joueur luxembourgeois risque-t-il une sanction ?

Pas selon le texte en vigueur au 30 octobre 2026. Le projet de loi n° 8679 punirait en revanche la participation à des jeux non autorisés de six mois à un an de prison et de 10 000 à 25 000 euros d’amende, s’il est adopté.

Où en est le projet de loi n° 8679 ?

Déposé le 7 janvier 2026, il est en commission de la Justice à la Chambre des députés, après les avis du Conseil d’État du 10 juin 2026 et de la Chambre de commerce du 13 juillet 2026 ; aucun vote n’avait eu lieu au 30 octobre 2026.

Qui contacter en cas de problème de jeu au Luxembourg ?

Le ZEV, au (+352) 26 48 00 38, en semaine aux heures de bureau, avec des consultations gratuites et anonymes.