Jouer en ligne au Québec : ce que dit la loi
Dernière mise à jour : 30 octobre 2026
Au Québec, la question du jeu en ligne se pose rarement dans les bons termes. On demande si l’on a le droit de jouer, alors que les textes parlent surtout de ceux qui offrent le jeu et de ceux qui en font la publicité, et une réponse honnête doit donc monter trois étages : la loi fédérale, la province, puis les autorités, autochtones ou étrangères, qui délivrent les licences des casinos présentés sur ce site.
Cette page les prend dans cet ordre, avec les textes cités à la lettre et lus sur les sites officiels le 30 octobre 2026. Elle ne constitue pas un avis juridique : elle vous donne les sources, ce qui reste invérifié, et les vérifications à mener de votre côté.
Le Code criminel : une seule porte, celle des provinces
Le cadre vient d’abord du droit fédéral, voté à Ottawa. L’alinéa 207(1)a) du Code criminel permet au « gouvernement d’une province, seul ou de concert avec celui d’une autre province », de « mettre sur pied et exploiter une loterie dans la province », en conformité avec la législation provinciale.
Le paragraphe 207(4) ferme ensuite la porte aux autres titulaires possibles, organismes de charité, foires ou détenteurs d’une licence provinciale, pour les jeux exploités « par un ordinateur, un dispositif électronique de visualisation ou un appareil à sous ». Exploiter des machines à sous en ligne revient donc à la seule province, ou à l’organisme qu’elle en charge.
L’article 206 punit d’un emprisonnement maximal de deux ans quiconque « fait, imprime, annonce ou publie » un projet de loterie ou de jeu de hasard hors des cas permis par l’article 207. Son paragraphe (4) vise aussi « quiconque achète, prend ou reçoit un lot, un billet ou un autre article » mentionné au paragraphe (1), comme infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.
À la lettre, le verbe « annonce » peut viser un site comme le nôtre, qui renvoie vers des casinos sans autorisation provinciale, et nous préférons l’écrire ici plutôt que de le passer sous silence. Le texte cité est la version à jour au 30 septembre 2026 publiée par le ministère de la Justice du Canada.
Ce que dit Loto-Québec : son site, le seul légal
La province exerce ce pouvoir par une société d’État, et Loto-Québec le résume sur son site institutionnel : « Le site de jeu en ligne de Loto-Québec, lotoquebec.com, est le seul site de jeux de hasard légal au Québec. » Sur son portail de jeu, elle ajoute que seuls les gouvernements des provinces peuvent offrir loteries et jeux sur Internet « via leur mandataire (Loto-Québec, au Québec) ».
Pour ouvrir une session sur lotoquebec.com, il faut confirmer trois choses : avoir 18 ans ou plus, résider au Québec et s’y trouver physiquement. L’âge de 18 ans vaut aussi pour vous sur les casinos de nos listes autorisés par Kahnawà:ke, dont le règlement retient le plus élevé entre 18 ans et l’âge exigé là où réside le joueur.
2016-2022 : la loi de blocage, tombée en trois instances
Le Québec a voulu aller plus loin. Une loi de 2016 mettant en œuvre des mesures budgétaires a inscrit dans la Loi sur la protection du consommateur un article 260.35 qui imposait aux fournisseurs de services Internet de rendre inaccessibles les sites de jeu sans autorisation, inscrits sur une liste que Loto-Québec devait tenir.
Le 18 juillet 2018, la Cour supérieure a déclaré cet article constitutionnellement invalide (2018 QCCS 3159). La Cour d’appel a rejeté l’appel du procureur général le 5 mai 2021 (2021 QCCA 730), en rattachant ces fournisseurs au pouvoir fédéral en matière de télécommunications, puis la Cour suprême a rejeté la demande d’autorisation d’appel le 24 mars 2022 (dossier 39774).
Aucune liste de blocage n’oblige donc les fournisseurs d’accès à couper ces sites, qui restent joignables depuis la province sans y être autorisés pour autant. L’accès relève de la technique, l’autorisation du droit, et les trois décisions n’ont porté que sur le premier point : aucune n’a rendu légal un site non autorisé du seul fait qu’on peut l’ouvrir.
Les casinos de nos listes : qui les autorise, et d’où
Les 28 casinos de nos listes ouvrent leurs portes aux joueurs du Québec, mais aucun avec une autorisation de la province. Leurs licences émanent de cinq autorités dont aucune n’est provinciale, deux autochtones et trois étrangères, et c’est d’abord à elles qu’ils rendent des comptes. Vingt-trois relèvent de la Commission des jeux de Kahnawà:ke, dont le siège se trouve à Kahnawà:ke, territoire mohawk situé au Québec, près de Montréal.
La Commission présente ce territoire comme une juridiction souveraine et délivre ses permis en vertu de sa propre loi, la Kahnawà:ke Gaming Law, son règlement précisant qu’il ne dépend de l’approbation d’aucune autre juridiction. Selon nos fiches, douze de ces marques passent par la société Baytree Interactive Limited (licence n° 01059) et onze par Fresh Horizons Ltd (licence n° 00972).
Les cinq autres casinos se partagent quatre autorités, dont trois étrangères : Malte pour Betway et Spin Genie (MGA/CRP/130/2006 et MGA/CRP/171/2009/01, selon l’opérateur), Gibraltar pour 888 Casino (licence RGL n° 112), Curaçao pour FestivalPlay (OGL/2024/181/0181, selon l’opérateur). La quatrième est autochtone : Lucky 7even affiche une licence de la Tobique Gaming Commission, l’organisme de réglementation rattaché à la Première Nation de Tobique, au Nouveau-Brunswick, qui se présente comme un symbole d’autonomie gouvernementale (n° 0000064, selon l’opérateur).
Aucune de ces cinq autorités n’est un gouvernement provincial au sens de l’article 207, et Loto-Québec tient son propre site pour le seul légal au Québec. Pour vous, la conséquence est concrète : la conduite de ces casinos envers vous n’est contrôlée par aucun organisme de la province. Plusieurs de ces groupes exploitent en outre un site distinct, inscrit en Ontario ou en Alberta. Cette inscription vaut pour ce site-là et pour les joueurs situés dans la province concernée, et non pour la version que voient les joueurs du Québec.
Ce qui n’est pas vérifié, et ce que vous pouvez vérifier
Trois points restent ouverts, et nous préférons les nommer. Les quatre licences suivies de la mention « selon l’opérateur » sont reprises telles que l’opérateur les déclare, sans confirmation dans le registre de l’autorité. L’application de l’article 206 à une personne qui joue depuis le Québec sur un site que la province n’autorise pas n’est tranchée par aucune des sources lues pour cette page, et les conditions d’un casino peuvent un jour retirer le Québec des territoires acceptés.
Les contrôles, eux, sont à votre portée, et chacun prend quelques minutes, depuis n’importe quel ordinateur ou téléphone. Les registres des autorités vous disent si une société et son site figurent bien parmi les titulaires, et les conditions générales de l’opérateur vous disent si le Québec fait partie des territoires exclus.
- Pour Kahnawà:ke, la liste officielle des détenteurs de permis interactifs donne le nom de chaque société et l’adresse de chacun de ses sites.
- Pour Malte, le registre des titulaires de la Malta Gaming Authority ; pour Gibraltar, la page des titulaires de licences de la Gambling Division.
- Pour Curaçao, le registre des licences de la Curaçao Gaming Authority, qui précise lui-même ne pas garantir la validité du moment ; pour Tobique, le site de la Tobique Gaming Commission.
- Sur le site du casino, le numéro de licence en pied de page et la liste des territoires exclus dans les conditions générales.
Ce qui pourrait changer
Le dossier bouge, sans être tranché. Pendant la campagne des élections générales du 5 octobre 2026, le Parti québécois et le Parti libéral du Québec se sont engagés à encadrer les plateformes privées de jeu en ligne, selon le communiqué publié le 10 septembre 2026 par la Coalition québécoise du jeu en ligne, un regroupement d’opérateurs qui cite une entrevue du Parti québécois à Radio-Canada.
Un engagement de campagne n’est pas une loi. L’Assemblée nationale élue le 5 octobre tiendra sa première séance le 17 novembre 2026, si bien qu’aucun projet de loi ne pouvait y être déposé à la date de cette page, et la liste des projets de loi publiée par l’Assemblée vous montrera tout dépôt avant que nous ayons pu le lire.
L’aide, et les autres provinces
Quand le jeu pèse sur vous ou sur quelqu’un de votre entourage, Jeu : aide et référence répond à toute heure, gratuitement et en confidence, au 1 800 461-0140. Son site, aidejeu.ca, s’adresse aussi aux proches, et notre guide sur la mise détaille les outils prévus par le règlement de Kahnawà:ke.
Ailleurs au Canada, l’Ontario (CAJO et iGaming Ontario, 19 ans) et l’Alberta (AGLC et Alberta iGaming Corporation, marché ouvert le 13 juillet 2026, 18 ans) admettent les seuls sites inscrits, présentés sur nos pages Ontario et Alberta. Les autres provinces gardent un monopole provincial : PlayNow en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Saskatchewan, Atlantic Lottery dans les quatre provinces de l’Atlantique.
Entre le monopole de la province et les licences délivrées hors de son contrôle, la décision de jouer, et l’endroit où le faire, vous reviennent. Cette page vous donne les textes pour décider en connaissance de cause, notre méthode explique comment ces casinos sont testés, et les registres vous permettent de vérifier ce qu’ils affirment.
Des casinos qui acceptent les joueurs du Québec

Royal Vegas
Dépôt de 1 $
Offre de bienvenue dès 1 $ de dépôt
LicenceKahnawà:ke n° 01059
18+ · Lien sponsorisé

Grizzly’s Quest
Dépôt de 1 $
Offre de bienvenue dès 1 $ de dépôt
LicenceKahnawà:ke n° 01059
18+ · Lien sponsorisé

Ruby Fortune
Dépôt de 1 $
Offre de bienvenue dès 1 $ de dépôt
LicenceKahnawà:ke n° 01059
18+ · Lien sponsorisé
Questions fréquentes
Est-il légal de jouer depuis le Québec sur un autre site que celui de Loto-Québec ?
Loto-Québec présente lotoquebec.com comme le seul site de jeux de hasard légal de la province, et aucun autre site n’y est autorisé par elle ; l’application du Code criminel au joueur lui-même n’est pas tranchée par les sources que nous avons lues.
Pourquoi les sites non autorisés ne sont-ils pas bloqués au Québec ?
L’article de 2016 qui imposait le blocage aux fournisseurs d’accès a été déclaré invalide en 2018, décision confirmée en 2021, et la Cour suprême a refusé d’examiner l’appel en 2022.
Une licence de Kahnawà:ke vaut-elle une autorisation au Québec ?
Non : la Commission des jeux de Kahnawà:ke, établie sur le territoire mohawk de Kahnawà:ke, n’est pas un gouvernement provincial au sens de l’article 207 du Code criminel, et le seul site présenté comme légal au Québec reste celui de Loto-Québec.
Quel âge faut-il avoir pour jouer en ligne au Québec ?
18 ans, l’âge que lotoquebec.com fait confirmer à l’ouverture de session, avec la résidence au Québec et la présence physique dans la province.
Le Québec va-t-il ouvrir son marché comme l’Ontario ?
Deux partis s’y sont engagés pendant la campagne de 2026, selon la Coalition québécoise du jeu en ligne, mais aucun projet de loi n’était déposé au 30 octobre 2026, la nouvelle Assemblée ne siégeant qu’à partir du 17 novembre.
Qui contacter au Québec quand le jeu devient un problème ?
Jeu : aide et référence, gratuit et ouvert jour et nuit, au 1 800 461-0140 ou sur aidejeu.ca, pour la personne qui joue comme pour son entourage.



